The Sunscreen Paradox
L’incidence des cancers de la peau augmente malgré une utilisation croissante des crèmes solaires. Comment l'expliquer ?
Dans l’épisode du MIROIR avec le Dr Sylvie Peres, dermatologue sur la Côte Basque, nous avons exploré le sujet du Sunscreen Paradox.
Le Dr Peres fait beaucoup de détection de cancer de la peau et a longtemps fait de la prévention collective, par exemple auprès des pêcheurs de Saint-Jean de Luz ou les paysans de l’arrière Pays Basque.
Côté sportifs, les surfeurs sont d’après elle beaucoup plus sensibilisés à la protection solaire que les golfeurs. Peut-être une question de génération ?
Plus de crème solaire - et pourtant plus de cancers ?
Quand j’étais enfant - je suis née en 1985 - les cabines UV étaient populaires, on jugeait les jambes blanches inmontrables – et on oubliait parfois (voire assez souvent) la crème solaire. Et surtout, personne ne se sentait criminel de récupérer ses enfants avec des coups de soleil costauds après une journée à la plage, à la montagne ou une traversée en bateau. Tout le monde possédait un tube de crème solaire (parfois vieux de quelques étés, no judgement) – toujours assorti à un tube de Biafine, souvent plus frais.
On entend aujourd’hui beaucoup plus parler des dangers de l’exposition aux UV. Ce discours est assorti de nouveaux essentiels : maillots de bains anti-UV pour les enfants, intégration de filtres UV dans les crèmes hydratantes, explosion de la gamme des crèmes, huiles, brumes et sticks solaires…


Beaucoup de dermatologues, comme le Dr Peres, recommandent même de porter un filtre UV toute l’année dès que l’on sort de chez soi. Le Dr Monty Lyman explique que les UV qui passent à travers les vitres font vieillir la peau et que la crème solaire est le meilleur - si ce n’est le seul anti-âge pour la peau* - à porter même à l’intérieur.
Et pourtant, les chiffres de l’incidence des cancers de la peau sont frappants :
En 1990, environ 4 000 nouveaux cas de mélanome étaient diagnostiqués chaque année en France.
En 2020, ce chiffre dépassait les 15 000 cas par an.
Le Dr Sylvie Peres associe cette croissance des cancers de la peau*:
1- Aux comportements libérés par l’application de crème solaire : ”j’ai mon écran total, je ne risque rien”
2. A la disparition des campagnes de sensibilisation et dépistages collectifs comme elle menait avant en Pays Basque auprès de toute la population.
*Monty Lyman “L’incroyable vie de la peau”
** Entre autres paramètres : vieillissement de la population, meilleure détection des lésions, expositions intenses intermittentes pendant les vacances versus exposition liée au travail en plein air
Chimique ou minéral, quel filtre solaire choisir ?
Tellement de paramètres rentrent en compte dans le choix de son filtre solaire : la protection, la texture, la pollution des océans, la réaction (personnelle) de notre peau, la composition, la facilité d’application…
Le Dr Peres est catégorique : il faut éviter à tout prix les filtres chimiques. Dans les filtres minéraux, évitez (s’ils existent encore sur le marché ?) ceux contenant des nanoparticules.
Les écrans solaires ont beaucoup progressé. Ma nouvelle crème solaire TALM utilise par exemple des filtres organiques de nouvelle génération photostables (Tinosorb® S, Uvinul® A Plus, Uvinul® T150).
Le rôle de la vitamine D sur la santé du cerveau
Mon amie Sylvie Lefranc, papesse du yoga du visage à la peau diaphane, est plus mesurée, elle considère que les filtres solaires “étouffent” la peau. “Si on n’a pas besoin de lunettes de soleil, pas besoin de crème solaire” selon elle. Elle privilégie une exposition très réduite en plein soleil - et toujours protégée par un grand chapeau.
J’ai aussi entendu le Dr Daniel Amen, neurologue, dire au micro de Dan Buettner que l’utilisation systématique d’écran total diminuait la synthèse de la vitamine D, ce qui avait des conséquences assez dramatiques sur la santé du cerveau.
De façon assez catégorique, il pense que la peur du soleil est allée trop loin. Il assurait que les crèmes solaires ne faisaient pas baisser le cancer de la peau – qui augmente considérablement – et auraient, selon lui, un effet collatéral remarquable sur nos cerveaux. Dan Buettner - auteur de The Blue Zones ajoutait que les centenaires des zones bleues s’exposaient beaucoup au soleil (Okinawa, Sardaigne, Costa Rica…)
Ces affirmations ne sont pas validées par des études cliniques mais il est certain que la vitamine D* a un impact positif sur le cerveau (et beaucoup d’autres fonctionnalités du corps comme la santé osseuse, immunitaire et cognitive).
Le Sunscreen Paradox rappelle que l’utilisation d’un filtre solaire toute l’année ne nous prémunit pas du cancer. Une exposition matinale quotidienne (si possible dans l’heure suivant son lever) est un rituel de longévité : lumière naturelle, alignement du rythme circadien, relation apaisée avec le soleil.
* Certains praticiens de médecine fonctionnelle recommandent de viser un taux de vitamine D autour de 80 ng/ml.
English version
Skin cancer incidence is rising despite the increasing use of sunscreen. How can we explain this?
In my latest episode of LE MIROIR with Dr Sylvie Peres , a dermatologist based on the French Basque coast, we explored the so-called “Sunscreen Paradox”.
When I was growing up in the 1990s, tanning beds were fashionable, pale legs were considered undesirable and sunburns after a day at the beach were almost seen as part of summer. Most families owned a tube of sunscreen — often from previous summers — but also a tube of Biafine.
Today, awareness of UV exposure has dramatically increased. UV-protective swimsuits for children, SPF-infused moisturizers and an explosion of creams, oils, mists and sticks have become part of our daily lives.
And yet, melanoma incidence keeps rising.
According to Dr Peres, this trend is multifactorial: ageing populations, improved detection, intense intermittent exposure during holidays and, sometimes, a false sense of security — “I have SPF 50, therefore I’m protected.”
She insists that sunscreen should never replace hats, protective clothing and common sense.
The debate around sunscreens themselves remains lively. While Dr Peres strongly favours mineral filters, newer organic filters such as Tinosorb® S, Uvinul® A Plus and Uvinul® T150 have considerably improved the photostability and tolerability of modern sunscreens.
The conversation also brought me back to vitamin D.
Some physicians, such as neurologist Daniel Amen, believe that our fear of the sun may have gone too far and emphasize the importance of maintaining adequate vitamin D levels. These views remain debated, but vitamin D is undeniably involved in bone, immune and cognitive health.
To me, the Sunscreen Paradox is a reminder that no product can replace a more intelligent relationship with the sun.
Daily morning light exposure — ideally within the first hour after waking — is one of my favourite longevity rituals: supporting circadian alignment, reconnecting us with nature and encouraging a healthier relationship with sunlight.




Un délice!
Génial Claire. Hâte de l'écouter.