Have we been too afraid of hormones?
On disait à cette époque “La Pilule” -- et comme l’écrasante majorité des filles de ma génération, mon médecin me l'a prescrite.
“La Pilule” : ce terme désignait plus un concept assez indéfini de liberté, féminité et maturité qu’un traitement médical.
L’âge d’Or de “La Pilule”
Alors en classe prépa, je ne me souviens même plus si je l’ai demandée ni si nous avions eu une conversation autour de ce médicament, des précautions à prendre et effets secondaires.
Je me rappelle en revanche très bien les fortes nausées qui m’ont envahie dès que j’ai commencé à la prendre. Après deux ou trois matins où chancelante, je peinais à rejoindre ma classe, j’ai demandé à changer de “pilule”.
Le médecin avait argué qu’il fallait une “forte dose” (de quelle hormone ?) au vu de mon âge. Il me l’a changée pour une “micro-dosée” mais le malaise s’était installé.
J’ai quand même pris “La Pilule” pendant presque 10 ans jusqu’à ce que plus aucune ne me convienne. Sans doute un mélange de méfiance et de réactions physiques.
J’ai posé un stérilet au cuivre avant 30 ans – j’étais encore nullipare – préférant ses contraintes à celles que j’associais au contraceptif oral.


Les opposantes – et les adeptes
Mon rejet – partiel – de La Pilule n’était pas très documenté. Il était plutôt de l’ordre du ressenti et de l’expérientiel (vécu ou relaté par d’autres). Et l’envie d’être libérée d’une “hormone” que l’on prend chaque jour.
J’étais aussi influencée par de nombreuses histoires, comme celle d’une amie à l’école de commerce qui avait développé une tumeur bénigne mais énorme au foie et qui s’était vue interdire l’alcool – et “La Pilule”. Une autre amie avait fait une thrombose (elle ne fumait pas). Elle avait aussi dû l’arrêter pour de bon.


Bien plus tard, au milieu des années 2010, alors que j’étais déjà entrepreneure dans le milieu du wellness, la tendance était à la diabolisation de “La Pilule” - en particulier lorsqu’elle était prescrite pour apaiser l’acné ou pour réguler les cycles (dans le cas du SMOP par ex). On disait que les problèmes revenaient “avec une revanche” dès qu’on arrêtait de la prendre. En tout cas, il était clair que “La Pilule” ne réglait rien et qu’il était recommandé d’explorer d’autres solutions et d’ajuster son mode de vie.
Beaucoup de filles continuaient aussi, religieusement à prendre “La Pilule” car elles redoutaient trop de retrouver leurs cycles douloureux, leurs boutons – ou une grossesse indésirée. Compréhensible aussi.
*Le terme SOPK aka Syndrome des ovaires polykystique est renommé SMOP pour Syndrome Métabolique Ovarien Polyendocrinien depuis mai 2026
THM : le grand changement de paradigme
On pensait aussi dans ces années-là, que le traitement hormonal de la ménopause (THM) s’accompagnait d’ effets dangereux pour la santé. Ni ma mère, ni ma belle-mère ne l’ont pris, et elles n’avaient aucun antécédent de cancer hormono dépendants dans la famille.
C’est seulement cette année que j’ai entendu parler de l’étude WHI* qui a influencé la perception du traitement hormonal de la ménopause et l’accompagnement de millions de femmes. Cette étude comportait des biais – entre autres, les participantes étaient âgées – la plupart ménopausées depuis plus de 10 ans (trop tard pour un THM) et en assez mauvaise santé globale. Leurs résultats ont été extrapolés à toute la population. Enfin, les hormones, d’origine animaes (équines) étaient exclusivement administrées par voie orale.
*WHI (Women’s Health Initiative) : grande étude américaine lancée dans les années 1990. Nous revenons en détails sur cette étude avec le Dr Gounane.
Aujourd’hui, de nombreux traitements hormonaux de la ménopause reposent sur des hormones bio-identiques. Les oestrogènes sont diffusés sous la forme de crèmes ou de patch. La prise per-os (comme “La Pilule”) a plus d’effets secondaires – comme beaucoup de femmes en ont fait l’expérience. Un œstrogène diffusé par patchs ou gel évite le passage par le foie.
Ils sont aujourd’hui recommandés* par la communauté médicale – et même par le Dr Damien Bourgonjon, gynécologue enseignant du DU MAPS que je suis cette année. Il était pourtant connu pour accompagner les femmes par la phytothérapie et la micronutrition. Ce qu’il continue à faire si les patientes ne veulent pas du traitement hormonal.
*au cas par cas
Des travaux en cours étudient même les bienfaits du THM sur la protection neurologique et cardiovasculaire. C’est stupéfiant de remarquer qu’en deux décennies, ce traitement passe de dangereux à recommandé – voire protecteur sur d’autres systèmes (cerveau, circulation, tissus, cœur).
Nous explorons ce sujet en détails dans le dernier épisode du podcast avec le Dr Gounane, médecin chez Zoi, centre de santé préventive et longévité. Il explique aussi comment mettre en place un programme personnalisé, démarrer par les plus petites doses et ajuster pendant toute la durée du traitement.
En creusant le sujet du THM en cours et avec le Dr Gounane, j’ai beaucoup remodelé mon avis concernant les traitements hormonaux non oraux. Ils permettent, s’ils sont désirés par la patiente et non contre-indiqués, d’accompagner en douceur les transitions hormonales.
English Version
Like the overwhelming majority of women of my generation, I was prescribed the contraceptive pill.
The Golden Age of “The Pill”
I was still in preparatory school at the time. I honestly cannot remember whether I had asked for it myself, or whether my doctor and I had a meaningful conversation about the medication, its risks, or its side effects.
Back then, we simply called it “The Pill”. The term seemed to represent an abstract idea of freedom, femininity and adulthood more than an actual medical treatment.
What I do remember vividly are the waves of nausea that hit me as soon as I started taking it. After a few mornings spent feeling dizzy and struggling to make it to class, I asked my doctor to switch prescriptions.
He explained that, given my age, I needed a “high-dose” pill. (A high dose of which hormone, exactly?) He eventually switched me to a lower-dose version, but the seed of distrust had already been planted.
I continued taking the pill for almost ten years, until none of the available options seemed to suit me anymore. Before turning thirty, and before having children, I chose a copper IUD instead. Its drawbacks felt preferable to those I associated with oral contraception.
Critics — and Advocates
My distrust of the pill was never particularly evidence-based. It was largely shaped by personal experience — my own and that of other women — and by a desire to free myself from a hormone I was expected to take every single day.
I was also influenced by stories around me.
One friend from business school developed a large but benign liver tumour and was advised to stop both alcohol and the pill. Another suffered a thrombosis despite not smoking. She, too, had to stop taking it permanently.
Years later, in the mid-2010s, when I was already working in the wellness industry, distrust of the pill had become widespread. This was especially true when it was prescribed for acne or to regulate menstrual cycles, particularly in women with PCOS.
The common narrative was that symptoms would return “with a vengeance” as soon as the pill was discontinued. The pill was increasingly viewed as a way of masking symptoms rather than addressing underlying causes. Lifestyle changes, nutrition and alternative approaches became the preferred path for many women.
At the same time, many women continued to take the pill faithfully. They feared the return of painful periods, acne, hormonal symptoms — or simply an unwanted pregnancy.
And that was understandable too.
Since May 2026, the French term SOPK (Polycystic Ovary Syndrome) has been renamed SMOP (Polyendocrine Ovarian Metabolic Syndrome).
Menopause Hormone Therapy: A Major Shift in Perspective
At the time, menopause hormone therapy carried a similarly negative reputation.
Neither my mother nor my mother-in-law chose to take it, despite having no family history of hormone-related cancers.
It was only this year that I learned about the Women’s Health Initiative (WHI), the landmark study that shaped perceptions of menopause hormone therapy and influenced the care of millions of women.
The study had several important limitations. Many participants were older, had been menopausal for more than ten years, and were generally in poorer health. Its findings were subsequently extrapolated to women as a whole. In addition, the hormones used in the study were oral equine-derived hormones.
The Women’s Health Initiative (WHI) was a large American study launched in the 1990s. Dr Rafik Gounane and I discuss it in detail in the podcast episode.
Today, many menopause hormone therapies rely on bioidentical hormones. Oestrogens are often delivered through creams or transdermal patches. Oral administration — as many women experienced with the contraceptive pill — tends to carry a higher risk of side effects.
Menopause hormone therapy is now recommended, on a case-by-case basis, by many physicians. This includes Dr Damien Bourgonjon, the gynaecologist teaching in the MAPS programme I am completing this year.
What surprised me most is that Dr Damien Bourgonjon now recommends hormone therapy.
He is known for helping women through phytotherapy and lifestyle interventions. Many women sought him out precisely because he was not part of the “hormones first” camp. Yet today, he prescribes menopause hormone therapy when appropriate.
It is astonishing to see how, in just two decades, a treatment once considered dangerous has become recommended — and is even being explored for its protective effects on the brain, the cardiovascular system, tissues and overall quality of life.
We explore these questions in detail in the latest episode of LE MIROIR with Dr Rafik Gounane, physician at Zoï, the preventive health and longevity clinic. He also explains how personalised hormone therapy is prescribed, why treatment usually starts with the lowest effective dose, and how it can be adjusted over time.
The more I learned about menopause hormone therapy — through my coursework and through conversations with Dr Gounane — the more I found myself reconsidering my views on non-oral hormone treatments.
For years, I tended to group all hormones together.
Today, I see things differently.
When desired by the woman herself and when no contraindications exist, these treatments can help make hormonal transitions considerably easier.

