Initials BB.
Un post-partum, un trip à NYC, deux à Valence, une reddition, une rencontre, une seconde reddition et une nouvelle édition - mon histoire personnelle avec le bone broth est une vraie saga.
Le post-partum
En 2016, à la naissance de Mia, ma première fille, ma doula Erica Rivolier me recommande de boire du « bouillon d’os de poulet » ou “bone broth” pour me reminéraliser en post-partum*.
Je suis intriguée avant d’être séduite. J’adore les liquides** : les jus de légumes, les soupes douces, les infusions poétiques, les thés brûlants et les cafés slow. Le vin nature aussi, même s’il ne m’aime pas et que j’ai dû m’en séparer.***
Mais je n’ai aucune appétence pour la viande.
Pourtant, dès la première gorgée de ce bouillon de poulet aux légumes et épices – je succombe. C’est léger, aromatique, réconfortant.
*Lors de mon second post-partum, elle déshydratera pour moi le fabuleux placenta d’Abel ! Le sujet d’un futur post peut-être**
Pour ceux qui ne le savent pas, ma première marque Nubio est née des cures de jus de légumes frais.
*** Peut-être l’objet d’un futur post aussi.



La quête commence
Au départ, j’aime surtout l’idée de consommer de la viande sous forme liquide.
À l’atelier, mes meilleures clientes australiennes – je me rappelle d’Emerald Bond & Natasha Andrews – m’évoquent le bone broth, l’or liquide – leur « jam » “avec tes jus de légumes”, ajoutent-elles. Je sens que le bone broth leur manque.
À ce moment-là, je creuse un peu le sujet et j’apprends que le bone broth est gorgé de collagène, aux multiples bienfaits sur la peau, les cheveux et la digestion. Le lien est fait avec ma marque, positionnée sur la beauté. Je suis déterminée à proposer du bone broth, pour Emerald, pour Natasha, et pour moi.



Un voyage à NYC – deux à Valence (France)
À l’occasion d’un voyage à New York avec mon mari Édouard début 2018, je goûte à celui de Brodo Broth Company dans le café d’East Village. C’était délicieux. Édouard aime aussi (!)
Le positionnement de Brodo Broth, lancé par un restaurateur d’origine italienne Marco Canora, est plutôt gastronomique, tendance healthy. Le bone broth est à l’époque servi soit dans leurs cafés, soit surgelé chez Whole Foods Market.
Aujourd’hui, il est pasteurisé, expédié en ambiant en doypacks partout aux États-Unis. Et les concepts autour du bone broth se sont multipliés aussi… Mais “back in the days”, Brodo Broth était précurseur et il m’a beaucoup inspirée.
Une question m’obsédait : comment fabriquer le “bone broth” ? Il était hors de question d’envisager une production dans mon atelier de jus de légumes frais – mon aversion pour les “animaux morts” m’en tenait éloignée.



S’ensuit une longue quête.
Un premier voyage à Valence, en 2018, chez Anne-Sophie Pic – où j’ai déjeuné pour la première fois dans un restaurant triplement étoilé. J’ai surtout été marquée par le calme olympien de la Cheffe et de ses cuisines que j’ai eu la chance de visiter en lui emboîtant le pas – pas de piano au gaz dans ses cuisines.
Elle avait envie, à ce moment-là, d’expérimenter une cuisine bonne pour le corps mais ne se sentait pas libre d’explorer dans la rigidité de son institution étoilée. Et son établissement de restauration du quotidien à Valence, le “Dailypic”, disposait d’une petite conserverie pour les plats en bocaux. Je commence à y croire, passe du temps avec la RP d’Anne-Sophie Pic à la Dame de Pic à Valence, qui me raconte l’histoire incroyable de la Cheffe*.
La collab s’annonce prometteuse, je retourne à Valence, déjeune à nouveau dans le restaurant gastronomique (toujours peu d’émotions dans l’assiette, suis-je trop préoccupée par l’usage de l’argenterie ?) et rencontre David Sinapian et la DG du groupe de l’époque, très enthousiastes aussi par le partenariat.
* Je ferai un spin-off dans le chat ici sur Substack – son histoire est tellement romanesque !
La reddition (part 1)
Aucun bone broth ne sortira des semaines d’échanges et des multiples déjeuners sur le Pic. Sans doute l’affûtage du nom – si important pour le groupe Pic, si peu dans mon projet, je ne saurai jamais.
Je me convaincs que si je dois un jour faire du « bone broth », le destin mettra la bonne personne sur ma route.
La rencontre
Plusieurs années plus tard, en 2019, je parle (encore) du bone broth lors d’un déjeuner avec Sylvain Grundlinger (Trouvailles & Terroirs) chez Holybelly. La cheffe Sarah Mouchot me donne le contact de Benoît Moreau, qui s’est spécialisé dans les bouillons et vient de lui déposer sa carte.
Je l’appelle tout de suite et c’est le match – Benoît connaît aussi Brodo Broth et rêve d’une trajectoire similaire. On commence immédiatement à travailler sur notre recette signature : chargée en collagène, au goût léger, dénué de gras, avec un twist de rhizomes antioxydants (curcuma et gingembre) et des légumes bio.
En septembre 2019, je sors la première version du “bone broth”, au gingembre et curcuma, en petite gourde et à maintenir au frais. Je le nomme “Beauty Broth” (je n’assume pas encore tout à fait le terme de “bone broth” !). Le slogan “better than botox” ancre le positionnement Beauté & Peau (unique à ce moment-là). Le produit fait un carton inattendu.
La capacité de production de Benoît est rapidement dépassée – il recherche un labo plus grand et ne souhaite pas abandonner la création culinaire et ses autres clients au profit d’une production de masse. Une filière industrielle est mise en place en parallèle dans une usine pour sécuriser l’approvisionnement avec un bone broth pasteurisé “ambiant”.
La reddition (part 2)
L’usine produit un bone broth d’une qualité organoleptique très différente (couleur, texture, goût) de celui de Benoît. Les approvisionnement & méthodes ne peuvent pas être uniformisées et il est compliqué de maintenir les deux fournisseurs - de nombreuses solutions sont envisagées et testées, sans grand succès.
Benoît arrête de fournir Nubio en 2023 plus d’un an avant la cession de ma marque à Oh My Cream en avril 2025.
Parfois il est bon pour une combattante de rendre les armes.
La nouvelle édition
“Quand on s’est connus,
Quand on s’est reconnus,
Pourquoi se perdre de vue,
Se reperdre de vue ?
Quand on s’est retrouvés,
Quand on s’est réchauffés,
Pourquoi se séparer ?”
Jeanne Moreau dans Jules et Jim de François Truffaut
En septembre 2025, je lance ma nouvelle marque Bacca Bacca, un mouvement sur la longévité naturelle. J’envisage une gamme de compléments sur la longévité cellulaire, autour des baies. Je démarre les recherches scientifiques et la formulation.
L’idée d’un rituel nourricier en édition limitée se glisse dans ma tête. J’ai envie de travailler avec mon amie Azusa Wang – qui mêle cuisine et médecine chinoise dans des liquides divins – passion liquides partagée ! Je décide d’appeler Benoît, pour prendre de ses nouvelles – excellentes, il s’est installé dans un magnifique laboratoire qu’il me fait visiter.
Je vous raconte dans le prochain article la nouvelle édition du Bone Broth Bacca Bacca. Initials BBBB.





ENGLISH VERSION
A postpartum, a trip to NYC, two trips to Valence, a surrender, a meeting, a second surrender, and a new edition — my personal history with bone broth is a real saga. Selected moments.
Postpartum
In 2016, when my first daughter Mia was born, my doula Erica Rivolier recommended that I drink chicken bone broth to remineralise my body after childbirth*.
I was intrigued before being convinced. I love liquids**: vegetable juices, soft soups, poetic infusions, burning hot teas and slow coffees. Natural wine too, even if it doesn’t love me back — we had to break up***.
But I have no appetite for meat.
From the very first sip of this chicken broth with vegetables and spices, I was hooked. Light, aromatic, comforting.
*During my second postpartum, she dehydrated Abel’s fabulous placenta for me. Maybe the topic of another post…
*For those who don’t know, my first brand Nubio was born from fresh vegetable juice cleanses.
*Maybe the topic of a future post as well.
The quest begins
At first, I mainly liked the idea of consuming meat in liquid form.
At the atelier, my best Australian clients — I remember Emerald Bond and Natasha Andrews — told me about bone broth, “liquid gold”, their jam “with your vegetable juices”, they added. I could feel how much they missed bone broth.
At that moment, I dug a bit deeper and learned that bone broth is loaded with collagen, with multiple benefits for skin, hair and digestion. The link with my brand, positioned on beauty, was clear. I was determined to offer bone broth — for Emerald, for Natasha, and for myself.
A trip to NYC — two to Valence
During a trip to New York with my husband Edouard in early 2018, I tasted the bone broth from Brodo Broth Company at their East Village shop. It was delicious. Edouard liked it too (!)
Brodo, launched by Italian-born chef Marco Canora, had a gastronomic yet healthy positioning. Back then, bone broth was either served in their cafés or sold frozen at Whole Foods Market.
Today, it’s pasteurised and shipped ambient in doypacks all across the US. And many other bone broth concepts have since appeared… But back then, Brodo was a pioneer, and it inspired me a lot.
One question obsessed me: how could I produce bone broth? Producing it in my fresh juice atelier was out of the question — my aversion to “dead animals” kept me far from it.
So began a long quest.
A first trip to Valence in 2018, to Anne-Sophie Pic — it was my first time dining in a three-Michelin-star restaurant. What struck me most wasn’t the plate but the chef’s extraordinary calm and the serenity of her kitchens, which I had the chance to visit as I followed her. No gas piano in her kitchens.
At that moment, she wanted to explore a cuisine that was good for the body but didn’t feel free to experiment within the rigidity of her institution. Her everyday restaurant in Valence, “Dailypic”, had a small canning facility for jarred dishes. I started believing it was possible and spent time with the PR of Anne-Sophie Pic at La Dame de Pic in Valence, who told me the incredible story of the chef*.
The collaboration seemed promising. I returned to Valence, had lunch again at the gastronomic restaurant (still few emotions on the plate — maybe I was too preoccupied with the silverware?), and met David Sinapian and the group’s managing director, both enthusiastic about the partnership.
*I’ll do a spin-off in the chat — her story is so romantic.
Surrender (part 1)
No bone broth ever came out of the weeks of discussions and multiple lunches at Pic. Perhaps it was the sharpening of the name — so important for the Pic group, so irrelevant for my project — I will never know.
I convinced myself that if I were ever meant to make bone broth, destiny would place the right person in my path.
The meeting
Several years later, in 2019, I spoke (again) about bone broth during a lunch with Sylvain Grundlinger (Trouvailles & Terroirs) at Holybelly. Chef Sarah Mouchot gave me the contact of Benoît Moreau, who specialised in broths and had just delivered his recipes to her.
I called him immediately, and it was a match — Benoît also knew Brodo Broth and dreamed of a similar trajectory. We started right away working on our signature recipe: loaded with collagen, light in flavour, free of fat, with a twist of antioxidant rhizomes (turmeric and ginger) and organic vegetables.
In September 2019, I launched the first version of our bone broth — ginger and turmeric — in a small chilled pouch. I called it “Beauty Broth” (I wasn’t fully ready to assume the term “bone broth”!). The slogan “better than botox” anchored the Beauty & Skin positioning (unique at the time). The product was an unexpected hit. Benoît was quickly overwhelmed — he was looking for a bigger lab and didn’t want to abandon his culinary creativity and other clients for mass production. An industrial supply chain was set up in parallel for a pasteurised ambient version.
Surrender (part 2)
The factory produced a bone broth with a different organoleptic quality (its colour, texture, taste) than Benoît’s. Maintaining two suppliers on a product so different became complicated — many solutions were explored and tested, without much success. Benoît stopped supplying Nubio in 2023 more than a year before I sold the brand to Oh My Cream in April 2025.
Sometimes a fighter needs to surrender.
The new edition
“Quand on s’est connu,
Quand on s’est reconnu,
Pourquoi s’perdre de vue,
Se reperdre de vue ?
Quand on s’est retrouvé,
Quand on s’est réchauffé,
Pourquoi se séparer ?”
Jeanne Moreau in François Truffaut’s Jules et Jim
In September 2025, I launched my new brand Bacca Bacca, a movement dedicated to natural longevity. I imagined a range of cellular-longevity supplements built around berries. I started the scientific research and formulation work.
The idea of a nourishing ritual in a limited edition slipped back into my mind. I wanted to work with my friend Azusa Wang — who blends cooking and Chinese medicine into divine liquids (shared passion for liquids!). I decided to call Benoît to get his news — excellent news, he had moved into a beautiful new laboratory and gave me a tour.
I’ll tell you in the next article about the new edition of the Bacca Bacca Bone Broth. Initials BBBB.




Excitant tout ça ! Hâte de connaître le prochain épisode ! 👌🏻